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Comment Greg Norman a-t-il dilapidé six coups d’avance en une seule journée au Masters ?

Meneur avec six coups d’avance à l’entame du dernier tour du Masters d’Augusta 1996, l’Australien Greg Norman s’effondre complètement, signe la pire carte de sa carrière et voit Nick Faldo lui ravir la veste verte, cinq coups devant lui.

Pièce n°036Par Anthony R. · Publié le 1 juin 2026Score 3/5 — Gros flopNotre méthode éditoriale

Le contexte

Le 14 avril 1996, l’Australien Greg Norman, qui occupera au total 331 semaines la place de numéro un mondial au cours de sa carrière — un record à l’époque, depuis dépassé par Tiger Woods — mais dont le palmarès en tournois majeurs reste alors limité à deux victoires au British Open, malgré sept places de second déjà accumulées dans ces mêmes épreuves, aborde le dernier tour du Masters d’Augusta avec six coups d’avance sur son plus proche poursuivant, l’Anglais Nick Faldo — une marge jugée quasiment insurmontable par la plupart des observateurs à la veille du tour final.

La décision

Norman choisit d’aborder ce dernier tour avec la même approche agressive que celle ayant bâti son avance les jours précédents, plutôt que de sécuriser prudemment sa position en visant les centres de green plutôt que les drapeaux, une stratégie de gestion du risque pourtant plus habituelle chez un compétiteur disposant d’une avance aussi confortable.

La chute

Dès le neuvième trou, l’avance de Norman fond déjà à seulement deux coups après un troisième bogey de la journée. Il envoie ensuite sa balle dans l’eau au douzième trou, où il double la mise, puis de nouveau au seizième, avec la même conséquence. Norman termine son tour avec une carte de 78 coups, quand Faldo, à l’inverse, réalise l’un des meilleurs tours de sa carrière avec 67 coups, un écart de onze coups en une seule journée qui fait basculer intégralement l’issue du tournoi.

Les conséquences

L’épisode de 1996 s’ajoute à une longue série de désillusions de Norman en tournois majeurs, qui contribue à forger sa réputation contrastée de meilleur joueur du monde régulièrement incapable de conclure sur la plus grande scène : en 1986, il avait déjà perdu le Masters d’une seule frappe face à Jack Nicklaus, puis le championnat de la PGA du même été après qu’un adversaire avait réussi un coup providentiel depuis un bunker ; en 1987, il s’était incliné en playoff de mort subite du Masters après un coup chipé lui aussi providentiel de son adversaire Larry Mize ; en 1993, il avait manqué de peu un putt court décisif lors du championnat de la PGA. Nick Faldo remporte son troisième titre au Masters avec cinq coups d’avance sur un Norman abattu, qui reconnaît sobrement après coup avoir « joué comme un ramassis de [terme grossier] » et n’avoir « tout simplement pas fait le travail ». L’échec s’inscrit dans une série plus large de contre-performances de Norman en tours finaux de tournois majeurs : il s’agit alors de la septième fois en huit majeurs qu’il ne parvient pas à conserver une avance acquise avant le dernier tour, une statistique qui pèsera durablement sur sa réputation sportive malgré 91 victoires professionnelles au cours de sa carrière.

Norman lui-même reconnaîtra plus tard que cette accumulation d’occasions manquées en tournois majeurs, bien plus que le simple épisode de 1996, a fini par façonner durablement l’image publique de sa carrière, malgré la constance remarquable de ses performances hebdomadaires sur l’ensemble du circuit mondial pendant plus d’une décennie.

Et depuis ?

Au moment de la remise du trophée, Nick Faldo, dans un geste resté célèbre comme exemple de sportivité, prend longuement Greg Norman dans ses bras plutôt que de se contenter d’une poignée de main protocolaire, reconnaissant publiquement la difficulté de l’épreuve traversée par son adversaire. L’effondrement de Norman reste depuis l’un des cas les plus étudiés par les psychologues du sport pour analyser les mécanismes de la pression compétitive extrême, régulièrement cité aux côtés d’autres effondrements historiques du golf, dont celui de Jean Van de Velde trois ans plus tard au British Open.

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Sources

  1. Greg Norman blows six-shot Masters lead in epic collapse — HISTORY
  2. How sports science explains Greg Norman’s 1996 Masters meltdown — ESPN
  3. Greg Norman’s 1996 Masters Collapse — Golf Monthly
  4. Greg Norman — Wikipedia
  5. Greg Norman and the 10 Most Notorious Chokers in Golf History — Bleacher Report