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Pourquoi le film Cats a-t-il terrifié les spectateurs avec ses effets numériques ?

Adaptation de la comédie musicale culte, Cats habille ses acteurs d’un pelage généré par ordinateur jugé dérangeant par la critique comme par le public. Le film, sorti en décembre 2019, perd jusqu’à 114 millions de dollars pour Universal Pictures.

Pièce n°026Par Anthony R. · Publié le 12 mai 2026Score 3/5 — Gros flopNotre méthode éditoriale

Le contexte

Adaptation de la comédie musicale à succès d’Andrew Lloyd Webber, créée dans le West End londonien en 1981 puis à Broadway en 1982 où elle tiendra respectivement l’affiche vingt et un et dix-huit ans, et elle-même inspirée d’un recueil de poèmes de T. S. Eliot, Cats réunit pour sa version cinématographique une distribution de stars — Judi Dench, Ian McKellen, Taylor Swift, Idris Elba — pour incarner à l’écran une troupe de chats anthropomorphes. Le réalisateur Tom Hooper, oscarisé pour « Le Discours d’un roi », choisit de transformer numériquement ses acteurs en créatures mi-humaines mi-félines grâce à une technologie de capture de mouvement et de « pelage numérique » développée spécialement pour le film, plutôt que de recourir à des costumes et du maquillage prothétique traditionnels.

La décision

Universal Pictures, qui avait réservé pour le film le créneau de sortie du 20 décembre 2019 initialement destiné à la comédie musicale « Wicked », finalement reportée, maintient cette date malgré un calendrier de post-production extrêmement serré : Tom Hooper reconnaît lui-même, lors de l’avant-première américaine, avoir terminé le montage final du film la veille seulement, au terme d’une session de travail ininterrompue de 36 heures.

La chute

Les premières bandes-annonces, diffusées plusieurs mois avant la sortie, provoquent immédiatement une vague de moqueries et d’inquiétude sur les réseaux sociaux face au rendu jugé dérangeant du pelage numérique des acteurs, ni assez réaliste ni assez stylisé pour être pleinement accepté par le public. À sa sortie, le film reçoit un accueil critique extrêmement négatif, plusieurs critiques le qualifiant parmi les pires films jamais produits, tandis que le public boude massivement les salles : le premier week-end d’exploitation ne rapporte qu’environ 6,5 millions de dollars aux États-Unis, à peine un tiers des prévisions les plus prudentes des studios, qui espéraient au tout strict minimum 15 millions de dollars sur cette seule toute première période d’exploitation en salles.

Les conséquences

Le film totalise environ 75 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de production d’environ 100 millions de dollars, une performance qui entraîne, une fois les coûts de marketing et de distribution intégrés, une perte totale estimée par la presse spécialisée à environ 114 millions de dollars pour Universal Pictures. Universal retire précipitamment plusieurs copies numériques du film en circulation dans les salles américaines dès les premiers jours d’exploitation pour les remplacer par une version légèrement retouchée, un geste rarissime dans l’industrie qui illustre l’ampleur de la gêne suscitée en interne par le rendu visuel final.

Lors de la cérémonie des Oscars suivante, en février 2020, les acteurs James Corden et Rebel Wilson montent sur scène costumés en chats pour ironiser eux-mêmes sur le film, une auto-dérision largement saluée par la presse ; quelques semaines plus tôt, Cats avait raflé six récompenses lors de la cérémonie satirique des Razzie Awards, dont celle du pire film de l’année, Corden et Wilson étant respectivement désignés pire second rôle masculin et féminin.

Et depuis ?

Cats devient rapidement, aux côtés d’autres grands échecs cinématographiques de la décennie, un objet de fascination pour les cinéphiles amateurs de « mauvais films », donnant lieu à des projections spéciales entre amis et à une abondante production de mèmes sur les réseaux sociaux consacrés à son esthétique numérique jugée involontairement inquiétante. L’échec du film reste depuis cité comme exemple des limites des technologies de capture de mouvement appliquées à un registre visuel volontairement ambigu entre l’humain et l’animal, un piège esthétique que les spécialistes des effets visuels désignent parfois sous le nom de « vallée dérangeante ».

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Sources

  1. Box Office Bomb: How Creepy CGI and Bad Buzz Killed “Cats” — Variety
  2. Cats Is Officially One Of 2019’s Biggest Flops — We Got This Covered
  3. Cats bombs at the box office — AOL
  4. "Cats" dominates worst film Razzies nominations — Gulf News
  5. Cats (musical) — Wikipedia
  6. ‘Cats’ Lands December 2019 Release Date, ‘Wicked’ Delayed — Variety