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Pourquoi l’avocat qui a « inventé » la maison hantée d’Amityville l’a-t-il avoué au tribunal ?

En 1977, le livre « Amityville : la maison du diable » raconte les 28 jours de terreur paranormale vécus par une famille dans une maison de Long Island. En 1979, l’avocat impliqué dans l’élaboration du récit admet devant un tribunal avoir aidé à l’inventer autour de plusieurs bouteilles de vin.

Pièce n°253Par Anthony R. · Publié le 13 septembre 2026Score 2/5 — Beau flopNotre méthode éditoriale

Le contexte

En décembre 1975, George et Kathy Lutz achètent pour 80 000 dollars une maison située au 112 Ocean Avenue, à Amityville, dans l’État de New York, où une année plus tôt un jeune homme, Ronald DeFeo Jr., avait tué plusieurs membres de sa famille. Les Lutz quittent précipitamment la maison seulement vingt-huit jours après leur emménagement, affirmant publiquement à partir de février 1976 avoir vécu une expérience véritablement terrifiante marquée par de multiples phénomènes paranormaux, une version des faits que certains proches de la famille attribuent plus prosaïquement, à l’époque déjà, à une simple panne du système de chauffage de la maison durant l’hiver.

La décision

L’avocat William Weber, qui avait précédemment défendu Ronald DeFeo Jr. lors de son procès pour meurtre, met en relation les Lutz avec l’écrivain Jay Anson, chargé de mettre en récit leur témoignage à partir d’environ quarante-cinq heures d’enregistrements audio. Publié en septembre 1977 sous le titre « The Amityville Horror », l’ouvrage rencontre un succès commercial phénoménal, s’écoulant à environ dix millions d’exemplaires toutes éditions confondues, avant d’être adapté au cinéma dès 1979 dans un film à succès qui popularise plus largement encore le récit auprès du grand public international, posant les fondations d’une franchise cinématographique qui ne cessera plus de s’étendre au fil des décennies suivantes.

La chute

En septembre 1979, alors que les relations entre les parties se sont entretemps dégradées sur la question du partage des droits générés par l’ouvrage, William Weber publie une déclaration retentissante affirmant sans détour savoir que le livre est un canular, précisant que toute cette histoire d’horreur avait été élaborée collectivement, lui-même et les époux Lutz, « autour de plusieurs bouteilles de vin ». Weber dépose dans la foulée une plainte réclamant deux millions de dollars de dommages et intérêts aux Lutz pour rupture de leur accord initial de collaboration et de partage des recettes sur l’histoire ainsi coécrite.

Les conséquences

L’examen scientifique et journalistique de plusieurs éléments spectaculaires rapportés dans le livre achève de démonter le récit : les traces de sabot fendu prétendument découvertes dans la neige le 1er janvier 1976 s’avèrent impossibles à expliquer, aucune chute de neige n’ayant été enregistrée ce jour-là dans la région, tandis que les propriétaires suivants de la maison confirment que les portes, serrures et fenêtres décrites comme endommagées par des forces surnaturelles dans le livre n’avaient en réalité jamais été réparées ni même altérées depuis leur état d’origine. James Cromarty, qui rachète la maison dès 1977, résume la situation sans détour : « Rien d’étrange ne s’est jamais produit, à part des gens qui passaient à cause du livre et du film. » En septembre 1979, le juge Jack B. Weinstein rejette l’ensemble des poursuites engagées par les Lutz contre Weber et les autres parties impliquées, les Lutz reconnaissant eux-mêmes au cours de la procédure judiciaire, sous serment, que la quasi-totalité du contenu du célèbre ouvrage relevait en réalité de la pure fiction romancée.

Et depuis ?

L’affaire de la maison d’Amityville reste depuis un cas d’école régulièrement cité en zététique et en critique des médias pour illustrer comment un canular élaboré collectivement à des fins strictement commerciales, autour d’une intrigue empruntant délibérément à un authentique fait divers tragique pour lui conférer une crédibilité immédiate, peut malgré tout engendrer une franchise culturelle extraordinairement rentable et durable, se prolongeant aujourd’hui encore à travers une franchise cinématographique comptant une vingtaine de films et suites produits entre 1979 et 2025, alors même que ses protagonistes fondateurs ont eux-mêmes fini par admettre publiquement, sous serment, le caractère entièrement fictif de leur récit originel.

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Sources

  1. The Amityville Horror — Wikipedia
  2. Amityville Horror (house) — Wikipedia
  3. Ronald DeFeo Jr. — Wikipedia
  4. Jay Anson — Wikipedia
  5. Skeptical Inquirer — Wikipedia