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Comment huit joueurs acquittés au tribunal ont-ils été bannis à vie du baseball… avant d’être réhabilités 104 ans plus tard ?

En 1919, huit joueurs des White Sox de Chicago truquent délibérément les World Series contre Cincinnati contre de l’argent versé par des parieurs. Acquittés au procès en 1921, ils sont malgré tout bannis à vie par le premier commissaire du baseball — jusqu’à leur réhabilitation en 2025.

Pièce n°269Par Anthony R. · Publié le 13 septembre 2026Score 4/5 — Flop historiqueNotre méthode éditoriale

Le contexte

À l’automne 1919, les White Sox de Chicago abordent en grands favoris la finale du championnat de baseball américain face aux Reds de Cincinnati, une série jouée au meilleur des neuf matchs. Le 18 septembre 1919, le premier baseman Chick Gandil rencontre le bookmaker de Boston Joe « Sport » Sullivan pour négocier le versement de 80 000 dollars en échange d’une défaite délibérément organisée de l’équipe, un arrangement auquel se rallient progressivement sept autres coéquipiers, dont le lanceur vedette Eddie Cicotte et le célèbre frappeur Shoeless Joe Jackson.

La décision

Dès le premier match de la série, le 1er octobre 1919, Cicotte lance délibérément sa deuxième balle directement sur le premier frappeur adverse, un signal convenu à l’avance confirmant aux parieurs complices que l’arrangement financier est bel et bien en cours d’exécution. Le lanceur Lefty Williams perd à lui seul trois matchs de la série, un record toujours inégalé à ce jour dans l’histoire des World Series, tandis que les White Sox s’inclinent finalement face à Cincinnati le 9 octobre 1919, malgré leur statut de favoris incontestés sur le papier avant le début de la compétition.

La chute

Des rumeurs persistantes circulent tout au long de la saison 1920 suivante, jusqu’à ce qu’un grand jury soit formellement convoqué en septembre de cette même année pour enquêter sur les accusations de trucage. Le 28 septembre 1920, Eddie Cicotte finit par avouer sa participation à la machination devant le jury d’instruction, entraînant l’inculpation de l’ensemble des huit joueurs impliqués. Le procès s’ouvre le 27 juin 1921, mais le jury populaire, après moins de trois heures de délibération seulement, rend un verdict de non-culpabilité pour l’intégralité des charges retenues contre tous les accusés.

Les conséquences

Une anecdote restée célèbre, bien que jamais formellement authentifiée par aucune source contemporaine fiable, prétend qu’un jeune garçon aurait imploré Shoeless Joe Jackson à la sortie du tribunal : « Dis-moi que ce n’est pas vrai, Joe », une scène probablement apocryphe mais devenue depuis l’un des symboles culturels les plus durables du scandale tout entier. Malgré l’acquittement judiciaire complet de l’ensemble des accusés, Kenesaw Mountain Landis, tout juste nommé premier commissaire de l’histoire du baseball professionnel américain, rend son propre jugement disciplinaire dès le 3 août 1921 : aucun joueur ayant délibérément perdu un match, ayant promis de le faire, ou ayant simplement partagé la confidence de joueurs corrompus et de parieurs sans en informer les autorités, ne sera plus jamais autorisé à évoluer dans le baseball professionnel. Les huit joueurs, dont Shoeless Joe Jackson malgré une moyenne au bâton de ,375 sur l’ensemble de cette série contestée, se retrouvent ainsi bannis à vie d’un sport où ils comptaient pourtant parmi les plus grands talents de leur génération. Le troisième baseman Buck Weaver illustre à lui seul la sévérité de cette sanction collective : bien qu’il n’ait jamais accepté le moindre paiement des parieurs ni participé activement au trucage des matchs, son seul tort d’avoir eu connaissance du complot sans jamais le dénoncer aux autorités compétentes suffit à justifier son bannissement à vie au même titre que ses coéquipiers directement impliqués financièrement.

Et depuis ?

La sanction de Landis, qualifiée de définitive et irrévocable pendant plus d’un siècle malgré des demandes répétées de réhabilitation posthume, notamment en faveur de Jackson, finit par être levée en mai 2025 : le commissaire actuel de la ligue, Rob Manfred, annonce alors qu’un bannissement à vie s’éteint désormais automatiquement au décès du joueur concerné, une décision qui rétablit du même coup l’éligibilité de Jackson au Temple de la renommée du baseball, où sa candidature sera examinée par un comité spécialisé en décembre 2027, aux côtés d’une réhabilitation similaire accordée à Pete Rose, banni pour des paris sportifs bien plus tardifs.

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Sources

  1. Black Sox Scandal — Wikipedia
  2. Shoeless Joe Jackson — Wikipedia
  3. Kenesaw Mountain Landis — Wikipedia
  4. Eddie Cicotte — Wikipedia
  5. Pete Rose — Wikipedia