lebonflop.fr

Comment le 100 mètres le plus rapide de l’histoire olympique s’est-il transformé en plus grand scandale de dopage du sport ?

Le 24 septembre 1988, le sprinteur canadien Ben Johnson remporte le 100 mètres des Jeux olympiques de Séoul en 9,79 secondes, pulvérisant le record du monde. Deux jours plus tard, son contrôle antidopage révèle la présence de stanozolol : il est déchu de sa médaille d’or et de son record, dans ce qui reste le scandale de dopage le plus retentissant de l’histoire du sport.

Pièce n°119Par Anthony R. · Publié le 12 septembre 2026Score 5/5 — Flop légendaireNotre méthode éditoriale

Le contexte

Le 24 septembre 1988, lors de la finale du 100 mètres des Jeux olympiques de Séoul, le sprinteur canadien Ben Johnson devance le champion olympique en titre, l’Américain Carl Lewis, avec un temps de 9,79 secondes qui pulvérise son propre record du monde établi l’année précédente aux championnats du monde de Rome. La performance, saluée comme l’une des plus impressionnantes de l’histoire de l’athlétisme, fait de Johnson le héros incontesté de ces Jeux, jusque-là marqués par sa rivalité intense avec Lewis tout au long de la saison.

La décision

Johnson consomme depuis plusieurs années des stéroïdes anabolisants dans le cadre de sa préparation, une pratique qu’il reconnaîtra lui-même s’étendre de 1981 à 1988, dans le but déclaré de renforcer sa masse musculaire et sa puissance explosive au départ des courses, considérées comme déterminantes sur une distance aussi courte que le 100 mètres.

La chute

Deux jours seulement après sa victoire, le contrôle antidopage effectué à l’issue de la finale révèle la présence de stanozolol, un stéroïde anabolisant interdit, dans les urines de Johnson. Le Comité international olympique le déchoit immédiatement de sa médaille d’or et annule son record du monde, la médaille d’or revenant à Carl Lewis avec un temps officiel de 9,92 secondes, tandis que le Britannique Linford Christie et l’Américain Calvin Smith sont respectivement promus à l’argent et au bronze. Le 30 septembre 1989, après que Johnson a lui-même reconnu s’être dopé sur l’ensemble de cette période devant une commission d’enquête canadienne, la Fédération internationale d’athlétisme annule également son précédent record du monde de 9,83 secondes établi aux championnats du monde de Rome en 1987, et lui retire la médaille d’or correspondante, elle aussi réattribuée à Lewis.

Les conséquences

Après une suspension de deux ans, Johnson tente de reprendre la compétition, mais échoue à retrouver son niveau antérieur. Contrôlé positif une seconde fois le 17 janvier 1993 à l’issue d’une compétition à Montréal, cette fois pour un taux anormalement élevé de testostérone, il est banni à vie de l’athlétisme de haut niveau par la Fédération internationale le 21 avril 1993, conformément à son règlement prévoyant une exclusion définitive en cas de récidive.

Et depuis ?

L’affaire Ben Johnson reste, plus de trente-cinq ans après les faits, le scandale de dopage sportif le plus universellement cité, souvent présenté comme le moment où l’opinion publique internationale a pris pleinement conscience de l’ampleur du dopage organisé dans le sport de haut niveau. Il faudra attendre onze années supplémentaires, jusqu’à la performance de l’Américain Maurice Greene en 1999, pour qu’un athlète coure de nouveau un 100 mètres en 9,79 secondes dans des conditions non contestées, un délai resté comme la mesure informelle de l’ampleur de l’avantage artificiel dont avait bénéficié Johnson à Séoul.

Deux ans plus tard, Mike Tyson apprendra à son tour qu’aucune domination sportive n’est jamais définitivement acquise ; deux décennies plus tard, Lance Armstrong montrera qu’un tel scandale peut aussi mettre des années à éclater au grand jour.

Partager :XFacebookWhatsApp

Sources

  1. Athletics at the 1988 Summer Olympics – Men’s 100 metres — Wikipedia
  2. Ben Johnson (athlète) — Wikipédia