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Comment un tsunami plus haut que sa digue de protection a-t-il provoqué la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl ?

Le 11 mars 2011, un tsunami de 13 à 14 mètres submerge la digue de protection de 10 mètres de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, noyant ses générateurs de secours et provoquant la fusion de trois réacteurs. Une commission d’enquête parlementaire japonaise conclura l’année suivante que la catastrophe n’était pas naturelle mais « faite par l’homme ».

Pièce n°155Par Anthony R. · Publié le 12 septembre 2026Score 5/5 — Flop légendaireNotre méthode éditoriale

Le contexte

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9,0, l’un des plus puissants jamais enregistrés, frappe la côte est du Japon. Environ cinquante minutes plus tard, un tsunami dont la hauteur atteint localement 13 à 14 mètres s’abat sur la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, submergeant largement la digue de protection du site, haute de seulement 10 mètres, un ouvrage dont la conception n’avait jamais anticipé une vague d’une telle ampleur.

La décision

L’exploitant de la centrale, la compagnie TEPCO, avait conçu ses dispositifs de protection sur la base d’évaluations du risque de tsunami jugées, après coup, largement sous-estimées au regard des données sismologiques et historiques disponibles sur la région. Le tsunami endommage les pompes d’eau de mer et inonde les bâtiments des turbines et des réacteurs, mettant hors service dix des treize générateurs diesel de secours du site et détruisant une grande partie des équipements électriques installés au niveau du sol et en sous-sol, privant ainsi la centrale de tout moyen de refroidir efficacement ses réacteurs.

La chute

Privés de refroidissement, les réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale entrent en fusion dans les jours qui suivent, le réacteur n°1 subissant les dommages les plus importants : les analyses ultérieures suggèrent que le combustible en fusion a percé le fond de l’enceinte de confinement primaire et s’est dangereusement rapproché de la base en béton du bâtiment. Plusieurs explosions d’hydrogène endommagent gravement les bâtiments des réacteurs, dont celui du réacteur n°3, photographié après son explosion du 15 mars 2011. L’accident est classé au niveau 7, le plus élevé de l’échelle internationale des événements nucléaires, un niveau de gravité maximal jamais atteint auparavant que par la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Les conséquences

Un périmètre d’évacuation, initialement fixé à 2 kilomètres autour de la centrale, est rapidement étendu à 20 kilomètres, avec une consigne de confinement jusqu’à 30 kilomètres, déplaçant jusqu’à 164 000 personnes à son pic en juin 2012. Si un seul décès est directement attribué aux radiations, celui d’un ouvrier mort d’un cancer du poumon quatre ans plus tard, 51 décès supplémentaires sont recensés parmi les personnes évacuées, en grande majorité des patients âgés d’hôpitaux et de maisons de retraite fragilisés par les conditions de l’évacuation elle-même plutôt que par l’exposition aux radiations.

Et depuis ?

Le 5 juillet 2012, la commission d’enquête indépendante mandatée par la Diète, le Parlement japonais, publie son rapport final sous la présidence de Kiyoshi Kurokawa, concluant que l’accident « n’était pas une catastrophe naturelle mais était de toute évidence une catastrophe faite par l’homme », pointant des défaillances de supervision réglementaire et un manque de sens des responsabilités partagé par le gouvernement, les autorités de régulation et TEPCO envers la sécurité de la population. Cette conclusion reste depuis la référence internationale la plus citée pour illustrer comment la sous-estimation d’un risque naturel pourtant documenté peut transformer une catastrophe géophysique en désastre industriel d’ampleur mondiale, entraînant depuis un durcissement généralisé des normes de sûreté nucléaire à travers le monde.

Vingt-cinq ans plus tôt, Tchernobyl avait déjà montré à quel point une défaillance nucléaire pouvait échapper à tout contrôle une fois enclenchée, avec des conséquences sanitaires et politiques qui se mesurent encore aujourd’hui en décennies.

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Sources

  1. Fukushima nuclear accident — Wikipedia
  2. Accident nucléaire de Fukushima — Wikipédia