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Comment un cambriolage raté a-t-il fini par forcer un président américain à démissionner ?

Le 17 juin 1972, cinq hommes sont arrêtés en train de cambrioler le siège du Parti démocrate, dans l’immeuble du Watergate à Washington. Plutôt que de laisser l’affaire suivre son cours, le président Richard Nixon choisit de couvrir ses proches impliqués dans l’opération — une dissimulation qui, révélée par la presse et les enregistrements de la Maison-Blanche, le contraint à démissionner en 1974.

Pièce n°238Par Anthony R. · Publié le 12 septembre 2026Score 5/5 — Flop légendaireNotre méthode éditoriale

Le contexte

Dans la nuit du 17 juin 1972, en pleine campagne de réélection du président républicain Richard Nixon, cinq hommes sont interpellés par la police alors qu’ils s’introduisent dans les bureaux du Comité national du Parti démocrate, installés dans l’immeuble du complexe Watergate à Washington. Dirigés par l’ancien agent de la CIA E. Howard Hunt et l’ancien agent du FBI G. Gordon Liddy, les cambrioleurs cherchaient à photographier des documents et à poser des micros espions, dans des circonstances et avec des motivations précises qui resteront disputées par la suite.

La décision

Plutôt que de laisser l’enquête suivre son cours normal, Nixon approuve dès le 23 juin 1972 un plan visant à faire obstruction à l’enquête du FBI, demandant à son chef de cabinet H. R. Haldeman de faire pression sur la CIA pour qu’elle en limite la portée. La Maison-Blanche organise la destruction de preuves, le versement de sommes d’argent destinées à acheter le silence des cambrioleurs et la préparation des témoignages de plusieurs collaborateurs, dans le but de dissimuler tout lien entre l’effraction et le comité de réélection du président.

La chute

L’enquête du FBI parvient à retracer un versement d’argent reliant directement les cambrioleurs au comité de campagne de Nixon, tandis que deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, documentent progressivement l’ampleur de l’affaire grâce aux informations transmises par une source anonyme surnommée « Deep Throat », identifiée seulement en 2005 comme étant Mark Felt, alors numéro deux du FBI. La révélation, en 1973 et 1974, de l’existence d’enregistrements audio réalisés en secret dans le Bureau ovale porte le coup de grâce à la présidence : l’un d’eux, surnommé la « bande fumante », prouve sans ambiguïté que Nixon a personnellement ordonné l’obstruction à l’enquête dès les premiers jours de l’affaire.

Les conséquences

Face à la perspective d’une procédure de destitution engagée par le Congrès et désormais certaine d’aboutir, Richard Nixon annonce sa démission le 8 août 1974, effective dès le lendemain — devenant ainsi le seul président des États-Unis de l’histoire à démissionner de ses fonctions. Au total, soixante- neuf personnes sont inculpées dans le cadre de l’affaire, la plupart plaidant coupable ou étant condamnées, dont plusieurs proches collaborateurs de Nixon et deux anciens membres de son cabinet. Nixon lui-même échappe à toute poursuite pénale grâce à la grâce présidentielle totale et inconditionnelle que lui accorde, un mois après son entrée en fonction, son successeur Gerald Ford.

Et depuis ?

Le scandale du Watergate reste, cinquante ans après les faits, la référence absolue en matière de scandale politique américain, au point que le suffixe « -gate » est depuis systématiquement accolé, dans le langage courant, au nom de toute nouvelle controverse impliquant une dissimulation par des responsables publics. L’affaire a durablement renforcé le rôle du journalisme d’investigation dans la vie politique américaine et conduit à l’adoption de nouvelles lois encadrant le financement des campagnes électorales et la transparence de l’exécutif, tout en illustrant, pour les générations suivantes de dirigeants, le principe selon lequel la dissimulation d’une faute finit souvent par coûter bien plus cher que la faute elle-même.

Le fiasco de la baie des Cochons, une décennie plus tôt, montre que la présidence américaine n’a pas attendu Nixon pour connaître ses propres erreurs de jugement retentissantes ; l’accord de Munich, une génération avant les faits, rappelle que la dissimulation d’un mauvais calcul politique n’est pas propre aux seuls États-Unis.

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Sources

  1. Watergate scandal — Wikipedia
  2. Scandale du Watergate — Wikipédia