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Comment un format vidéo à l’image bien supérieure à la VHS a-t-il fini écrasé par elle ?

Lancé en 1978 par MCA, Philips et Pioneer, le LaserDisc offre une qualité d’image très supérieure à celle de la cassette VHS. Mais son incapacité à enregistrer, son coût élevé et ses disques encombrants qu’il faut retourner à mi-film l’empêchent de dépasser 2 % des foyers américains, avant que le DVD ne l’enterre définitivement au tournant des années 2000.

Pièce n°356Par Anthony R. · Publié le 13 septembre 2026Score 3/5 — Gros flopNotre méthode éditoriale

Le contexte

Développé conjointement par les sociétés MCA, Philips et Pioneer, le format LaserDisc fait ses débuts commerciaux le 11 décembre 1978 aux États-Unis sous le nom DiscoVision, avec Les Dents de la mer comme tout premier titre disponible à la vente quelques jours plus tard. Contrairement à la VHS, qui enregistre son signal de façon magnétique sur une bande, le LaserDisc stocke les images sous forme de minuscules creux et surfaces planes gravés directement sur un disque optique d’environ trente centimètres de diamètre, à peu près la taille d’un disque vinyle, lu ensuite par un rayon laser plutôt que par une tête de lecture magnétique.

La décision

Cette technologie confère au LaserDisc une qualité d’image nettement supérieure à celle de la VHS, offrant une définition de 425 à 440 lignes de résolution horizontale contre seulement 240 pour la cassette magnétique, ainsi qu’une image totalement exempte des artefacts de compression numérique qui affecteront plus tard certains formats concurrents. Pioneer, qui rachète une participation majoritaire dans le projet dès 1980, mise sur cette supériorité technique manifeste pour convaincre les foyers de délaisser progressivement leurs cassettes vidéo au profit de ce nouveau support optique, rebaptisé LaserVision puis LaserDisc.

La chute

Le format se heurte pourtant à plusieurs obstacles pratiques rédhibitoires pour le grand public : les fabricants refusent catégoriquement de commercialiser des lecteurs capables d’enregistrer, contrairement aux magnétoscopes VHS alors omniprésents dans les foyers, tandis que le procédé de gravure sur verre nécessaire à la fabrication de chaque disque coûte plus de cinq dollars pièce, bien au-delà du dollar symbolique suffisant pour dupliquer une cassette VHS au début des années 1990. Les disques eux-mêmes, encombrants et limités à une trentaine de minutes de lecture par face en mode haute qualité, obligent fréquemment le spectateur à interrompre son film à mi-parcours pour retourner physiquement le disque, un désagrément suffisant pour dissuader une large partie du grand public. Résultat : le format ne dépasse jamais 2 % des foyers américains équipés, contre une domination écrasante de la VHS sur l’ensemble du marché nord-américain durant la même période. La confusion du grand public se trouve encore renforcée par l’existence d’un format concurrent techniquement bien inférieur, le CED, lui aussi commercialisé un temps sous l’appellation générique de « vidéodisque », brouillant davantage encore la perception d’ensemble d’une technologie déjà perçue comme complexe et coûteuse par la majorité des foyers américains ordinaires.

Les conséquences

Le Japon constitue la principale exception à cet échec commercial généralisé, les fabricants locaux ayant délibérément maintenu des prix de disques proches de ceux des cassettes VHS pour en faciliter l’adoption, si bien que le format y atteint 10 % des foyers équipés dès 1999 et y devient même le format vidéo dominant pour la location de films à Hong Kong durant toute la décennie 1990. Mais la diffusion progressive des informations sur le développement du DVD tout au long de l’année 1996 précipite le déclin définitif du LaserDisc, dont les ventes de lecteurs chutent aussitôt de façon spectaculaire face à un concurrent numérique offrant une qualité comparable pour un coût de fabrication et de distribution bien inférieur.

Et depuis ?

La dernière sortie américaine en salles à bénéficier d’une édition LaserDisc, le film À tombeau ouvert de Paramount, paraît le 3 octobre 2000, tandis que Pioneer, principal fabricant mondial de lecteurs, cesse définitivement leur production en juillet 2009, après avoir écoulé au total 16,8 millions d’unités à travers le monde depuis 1978. Le LaserDisc demeure aujourd’hui un cas d’école régulièrement cité en histoire des technologies grand public pour illustrer comment une qualité technique objectivement supérieure ne suffit jamais, à elle seule, à garantir le succès commercial d’un format face à un concurrent plus pratique et mieux adapté aux usages quotidiens réels des consommateurs.

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Sources

  1. LaserDisc — Wikipedia
  2. VHS — Wikipedia
  3. DVD — Wikipedia
  4. Pioneer Corporation — Wikipedia