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Comment une garantie fédérale de 535 millions de dollars pour une technologie solaire a-t-elle tourné au scandale politique ?

En 2009, le Département de l’Énergie américain garantit un prêt de 535 millions de dollars à Solyndra, fabricant de panneaux solaires cylindriques. Rendue non compétitive par l’effondrement du prix du silicium chinois, l’entreprise fait faillite en 2011, déclenchant un scandale politique en pleine campagne présidentielle.

Pièce n°223Par Anthony R. · Publié le 12 septembre 2026Score 4/5 — Flop historiqueNotre méthode éditoriale

Le contexte

Fondée en 2005 par l’ingénieur Christian Gronet à Fremont, en Californie, Solyndra développe une technologie solaire radicalement différente des panneaux plats en silicium cristallin alors dominants : des tubes cylindriques à base de cuivre, d’indium, de gallium et de sélénium (CIGS), capables selon l’entreprise de capter la lumière sous tous les angles — directe, indirecte et réfléchie — et de produire jusqu’à 20 % d’électricité supplémentaire sur les toits blancs des entrepôts commerciaux, son marché cible privilégié. En mars 2009, dans le cadre du plan de relance économique de l’administration Obama, le Département de l’Énergie américain accorde à Solyndra une garantie de prêt fédérale de 535 millions de dollars, la toute première attribuée au titre de ce programme de relance, présentée comme une vitrine de la stratégie industrielle verte du nouveau gouvernement.

La décision

Le 26 mai 2010, le président Obama visite en personne l’usine de Fremont pour vanter les mérites de cette technologie et les emplois qu’elle doit créer. Mais dès cette période, le prix du silicium polycristallin, matière première des panneaux solaires classiques, s’effondre d’environ 89 % entre 2009 et la mi-2011 sous l’effet de la montée en puissance des fabricants chinois, rendant la technologie CIGS de Solyndra, plus coûteuse à produire, structurellement non compétitive. Le 28 février 2011, Solyndra annonce avoir levé 75 millions de dollars supplémentaires auprès d’un groupe d’investisseurs mené par la fondation du milliardaire George Kaiser, lui-même donateur de la campagne présidentielle de 2008 ; plutôt que de reconnaître la situation, le Département de l’Énergie restructure au même moment le prêt fédéral et accepte de faire passer ces nouveaux investisseurs privés devant les contribuables américains en cas de défaut — une décision dont des courriels internes de la Maison-Blanche, révélés plus tard, questionnent ouvertement la légalité.

La chute

Le 31 août 2011, Solyndra annonce la cessation de son activité et dépose son bilan le lendemain, licenciant sur-le-champ ses 1 100 salariés. Une semaine plus tard, le 8 septembre, le FBI perquisitionne sans préavis le siège de l’entreprise ainsi que les domiciles de plusieurs dirigeants, dans le cadre d’une enquête sur d’éventuelles irrégularités dans l’obtention du prêt fédéral.

Les conséquences

L’affaire devient en quelques semaines un scandale politique majeur en pleine campagne présidentielle américaine, l’opposition républicaine accusant l’administration Obama d’avoir précipité l’octroi du prêt pour des raisons politiques et de favoritisme envers des donateurs de campagne proches de l’un des principaux investisseurs de Solyndra. Le Congrès ouvre plusieurs auditions et enquêtes parlementaires, tandis que le programme fédéral de garanties de prêts, échaudé par l’épisode, resserre nettement ses critères d’attribution pour les dossiers suivants — sans empêcher un nouveau revers en 2013, lorsque le constructeur automobile Fisker, autre bénéficiaire du même programme, fait à son tour faillite et coûte 139 millions de dollars supplémentaires aux contribuables.

Et depuis ?

Une enquête conjointe de quatre ans menée par le ministère de la Justice et l’inspection générale du Département de l’Énergie se conclut en 2015 sans qu’aucune charge pénale ni aucun élément de corruption politique ne soit retenu contre les responsables de l’entreprise ou de l’administration. Le programme de prêts fédéraux dont Solyndra avait été la vitrine essuie une perte nette d’environ 528 millions de dollars sur ce seul dossier, partiellement compensée par 52,5 millions de dollars récupérés via des accords antitrust ultérieurs, mais redevient globalement bénéficiaire quelques années plus tard grâce au succès d’autres bénéficiaires du même programme, comme Tesla. Solyndra reste depuis, dans le débat public américain, le symbole récurrent brandi contre les subventions publiques aux technologies vertes, invoqué dans les débats politiques bien après la clôture de l’enquête judiciaire.

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Sources

  1. Solyndra — Wikipedia
  2. Obama-backed solar firm collapses after big federal loan guarantee — Center for Public Integrity
  3. Missed warning signs: A Solyndra timeline — Center for Public Integrity
  4. After Solyndra Loss, U.S. Energy Loan Program Turning A Profit — NPR (2014-11-13)
  5. Obama’s Solyndra Problem — FactCheck.org