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Pourquoi le lieutenant-colonel Custer a-t-il attaqué sans attendre ses renforts à Little Bighorn ?

Fragilisé politiquement après avoir témoigné contre l’administration Grant, George Armstrong Custer a besoin d’une victoire rapide pour sa carrière. Le 25 juin 1876, il attaque sans attendre ses renforts un campement lakota, cheyenne et arapaho bien plus vaste qu’il ne l’imaginait.

Pièce n°359Par Anthony R. · Publié le 13 septembre 2026Score 5/5 — Flop légendaireNotre méthode éditoriale

Le contexte

Au printemps 1876, le lieutenant-colonel George Armstrong Custer, ancien général de brigade à titre honorifique pendant la guerre de Sécession et officier réputé pour son audace au combat, traverse une passe difficile de sa carrière militaire. Convoqué à Washington en mars et avril 1876 pour témoigner devant le Congrès dans le scandale de corruption impliquant le secrétaire à la Guerre William Belknap et le propre frère du président Ulysses S. Grant, Orville, Custer se met durablement à dos l’administration présidentielle et manque de peu d’être écarté du commandement de sa propre unité, le 7e régiment de cavalerie, avant l’ouverture de la campagne militaire prévue contre les nations lakota, cheyenne et arapaho.

La décision

Réintégré de justesse dans son commandement mais politiquement fragilisé, Custer part en campagne avec la conviction que seule une victoire éclatante et rapide pourra restaurer sa réputation et sa carrière. Le 25 juin 1876, ses éclaireurs crows, dont Mitch Bouyer, lui signalent avoir repéré un campement d’une ampleur inédite au bord de la rivière Little Bighorn, dans l’actuel Montana. « Général, je vis avec ces Indiens depuis trente ans, et c’est le plus grand village que j’aie jamais connu », l’aurait averti Bouyer. Un autre éclaireur, Half Yellow Face, se serait montré plus sombre encore : « Vous et moi, nous rentrons aujourd’hui par une route que nous ne connaissons pas. » Custer, redoutant que le campement ne se disperse avant qu’il ne puisse l’attaquer, choisit de ne pas attendre les renforts prévus et divise son régiment en trois bataillons distincts pour lancer un assaut immédiat.

La chute

Le campement rassemble en réalité près de 10 000 personnes, dont 2 000 à 3 000 guerriers, sous l’autorité spirituelle du chef sioux Sitting Bull et le commandement au combat de Crazy Horse et de Gall — une force que Custer sous-estime dans des proportions catastrophiques. Isolé avec environ 210 hommes après la division de ses forces, le bataillon personnel de Custer se retrouve encerclé et anéanti en moins d’une heure de combat. Sur l’ensemble du 7e régiment de cavalerie engagé ce jour-là, 268 soldats trouvent la mort, dont Custer lui-même, pour des pertes du côté lakota, cheyenne et arapaho estimées entre 31 et 100 guerriers tués. Les deux autres bataillons du régiment, commandés par les majors Marcus Reno et Frederick Benteen, parviennent de leur côté à se retrancher et à survivre au siège, mais feront l’objet dans les années suivantes d’une enquête militaire sur leur incapacité à porter secours à Custer à temps.

Les conséquences

La nouvelle de cette défaite, la plus lourde jamais essuyée par l’armée américaine face aux nations amérindiennes des Plaines, parvient à Washington en pleine célébration du centenaire de l’indépendance américaine et provoque un choc national considérable. Plutôt que de remettre en cause sa politique envers les nations indiennes, le gouvernement américain durcit immédiatement sa réponse militaire : les mois suivants voient une intensification sans précédent des campagnes contre les Lakotas et leurs alliés, jusqu’à leur défaite complète dès le printemps 1877.

Et depuis ?

En février 1877, le Congrès américain annexe unilatéralement les collines Black Hills, sacrées pour les Lakotas et où l’or venait d’être découvert quelques années plus tôt, en violation directe du traité de Fort Laramie de 1868 qui les leur garantissait pourtant. La défaite de Little Bighorn, rapidement mythifiée sous le nom de « dernier combat de Custer », devient paradoxalement l’un des récits fondateurs de la conquête de l’Ouest américain, tandis que la victoire lakota, cheyenne et arapaho qui l’a produite ne débouche, à plus long terme, que sur l’accélération de la dépossession des terres et de la souveraineté des nations qui l’avaient pourtant remportée.

Custer partage avec la charge de la brigade légère le même excès de confiance face à un adversaire sous-estimé ; près de dix-neuf siècles plus tôt, les légions romaines anéanties à Teutobourg avaient déjà payé cher la même erreur de jugement sur un terrain mal reconnu.

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Sources

  1. Battle of the Little Bighorn — Wikipedia
  2. The Belknap Scandal: Fulcrum to Disaster — HistoryNet
  3. Battle Of Little Bighorn — HistoryNet
  4. Ulysses S. Grant Launched an Illegal War Against the Plains Indians, Then Lied About It — Smithsonian Magazine
  5. Battle of the Little Bighorn — World History Encyclopedia